C dans l'air - Émission du vendredi 15 novembre 2019

La procédure de destitution lancée contre Donald Trump vient de franchir une nouvelle étape spectaculaire. Mercredi, pour la première fois depuis le début de l'enquête il y a six semaines, le capitole a entamé une série d'auditions publiques. Malgré le refus de coopérer de la Maison-Blanche dans l'affaire ukrainienne, la commission menée par les chefs démocrates chargés de l'enquête à la Chambre des représentants a déjà entendu une dizaine de témoins à huis clos. Désormais, ces entretiens se déroulent sous l'œil des caméras et des Américains. Les téléspectateurs ont ainsi pu entendre, pendant de longues heures mercredi, le plus haut diplomate américain à Kiev apporter de nouveaux éléments renforçant les soupçons contre le président des États-Unis. Questionné par la commission du Renseignement, William Taylor, vétéran du Viêt-Nam, nommé par Donald Trump à ce poste, a notamment décrit avec des mots peu diplomatiques la pression du président Trump sur son homologue ukrainien pour ouvrir une enquête sur le fils de Joe Biden. Selon lui, c'était "alarmant", "déroutant", "dingue" qu'une aide militaire destinée à l'Ukraine puisse avoir été gelée "en échange" de l'ouverture d'enquêtes sur un rival du président américain en vue de la prochaine élection présidentielle. Mais il a aussi révélé une information nouvelle : le 26 juillet, au lendemain de l'entretien téléphonique au cœur de l'enquête ukrainienne qui a précipité l'ouverture de la procédure de destitution, l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, a fait savoir que le président Trump "s'intéressait davantage à l'enquête sur (Joe) Biden" qu'à l'Ukraine elle-même, a rapporté William Taylor devant le Congrès. Il a également déclaré qu'un canal diplomatique "irrégulier" avait été mis en place avec l'Ukraine. Ce canal dirigé par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, poursuivait, selon lui, des intérêts allant "à l'encontre des objectifs à long terme de la politique américaine" en opérant à l'écart du canal officiel. À la suite de cette audition, la cheffe des démocrates au Congrès américain a pour la première fois jeudi utilisé le terme de "corruption" pour désigner les soupçons pesant sur Donald Trump. Un mot qui n'a pas été choisi au hasard puisqu'il s'agit d'un des chefs d'accusation cités par la Constitution pour justifier une destitution. Pour Nancy Pelosi, la corruption consiste à "accorder ou suspendre une aide militaire en échange d'une déclaration publique concernant une fausse enquête sur les élections", ce qui représentait "une tentative évidente de la part du président de se donner l'avantage pour l'élection de 2020". De son côté, Donald Trump affirme que sa conversation avec son homologue ukrainien était parfaite et dénonce une "chasse au sorcière", un "canular". Des arguments repris par une grande majorité de parlementaires républicains qui font bloc derrière lui. Mais les électeurs feront-ils de même ? Une dizaine d'auditions publiques vont se dérouler jusqu'au 20 novembre. Davantage que le Sénat, c'est désormais l'opinion publique qui jouera un rôle crucial sur la suite de la procédure. En 1974, les audiences publiques avaient fait grimper de 10 points dans les sondages l'opinion favorable à la destitution de Richard Nixon et fait tourner le vent qui a ultimement forcé sa démission. Alors est-ce un tournant dans la procédure d'Impeachment ? Qu'apprend-on de ces entretiens ? Où en est l'enquête ? Avec les auditions publiques, l'opinion peut-elle se retourner contre Trump ? Quelles seront les prochaines étapes ? Quelles conséquences sur la campagne électorale de 2020 ? Invités : - Thomas Snegaroff, historien spécialiste des Etats-Unis - Anne Deysine, juriste et politologue spécialiste des Etats-Unis - Laure Mandeville, grand reporter au Figaro et auteure de "Qui est vraiment Donald Trump ?" - Lauric Henneton, maître de conférences à l'Université de Versailles Saint-Quentin
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Popularité: 1/515 novembre 2019Durée: 64mnReplay France 5Emissions
Emission: C dans l'air
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