C dans l'air - Pesticides, Linky, violences : maires sous pression !

La liste des élus qui mènent la fronde contre les phytosanitaires s'allonge. Ce mardi, le maire de Val-de-Reuil Marc-Antoine Jamet a signé un arrêté contre l'épandage de pesticides à moins de 150 mètres des lieux de vie. À Parempuyre, la maire Béatrice de François vient aussi de prendre un arrêté interdisant « formellement » les produits phyto-pharmaceutiques « à moins de 100 mètres de toute habitation ou espace public ».Au total, une vingtaine d'élus ont décidé d'interdire l'usage des pesticides sur une partie de leur commune, et ce malgré la suspension mardi de l'arrêté pris par le maire de la petite ville de Langouët, dans le Finistère, au motif que cette décision ne relevait pas de la compétence du maire. Une décision qui laisse « perplexe » l'élu Daniel Cueff. « On a d'un côté des annonces du président de la République et de la ministre de l'Écologie qui disent que le maire de Langouët a raison, qu'il faut prendre des arrêtés pour protéger la population des pesticides de synthèse. Et dans le même temps, ce même gouvernement saisit le tribunal administratif pour supprimer un arrêté dont on nous dit que ce sera la loi demain. On me dit donc que j'ai à la fois raison et à la fois tort, c'est un peu complexe à comprendre. Mais le fait est que l'État m'empêche aujourd'hui de protéger ma population, c'est grave » a déclaré l'édile bien décidé à faire appel de cette décision. Alors de quels pouvoirs dispose un maire ? Quelle est la situation actuelle de premier édile en France ? S'ils sont de plus en plus nombreux à monter en première ligne dans le dossier des pesticides ou à refuser la pose des compteurs Linky dans leur commune, dans nos campagnes beaucoup d'édiles sont surtout en colère et fatigués. Car tous font le même constat, le manque de moyens, l'accroissement des normes et des lois, la centralisation de la prise de décision à Paris, un transfert des compétences aux communautés de communes rendent le travail de plus en plus difficile. Être élu aujourd'hui est loin d'être un long fleuve tranquille et de nombreux maires se disent également inquiets devant la recrudescence des violences : en 2018, 361 maires et adjoints ont été victimes d'atteintes volontaires à l'intégrité physique, selon une note du ministère de l'intérieur révélée le 11 août par le Journal du dimanche (JDD). Après la mort tragique du maire de Signes, dans le Var, cet été, le Sénat a envoyé un questionnaire aux élus pour recenser les agressions et les violences dont ils sont victimes. Une plateforme en ligne a aussi été mise en place pour qu'ils puissent répondre à plusieurs questions d'ici le 15 septembre prochain. De son côté, le ministre des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu s'est rendu ce vendredi à Saubens où le maire a été victime d'une agression, en juillet dernier, pour faire « acte de solidarité ». En septembre, il présentera un projet de loi visant à répondre au mal-être des édiles qui seraient nombreux à vouloir à ranger l'écharpe tricolore au placard. Selon une enquête de l'Observatoire de la démocratie de proximité, un maire sur deux ne souhaiterait pas se représenter lors des prochaines élections municipales en mars prochain. Le maire est souvent cité comme l'élu préféré des Français, cependant la fonction ne fait plus rêver. Pourquoi ? C'est quoi être maire aujourd'hui ? Enfin que prévoit la refonte de la fiscalité locale lancée par l'exécutif ? Invités : • Christophe Barbier - Editorialiste à L'Express. • Pierre-Emmanuel Begny - Maire de Saâcy-sur-Marne. • Perrine Tarneaud - Directrice de l'information de Public Sénat. • Jean Garrigues - Historien, spécialiste de la vie politique.
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Popularité: 1/530 août 2019Durée: 66mnReplay France 5Emissions
Emission: C dans l'air
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