C dans l'air - 12/02/2026

À partir de ce vendredi, et jusqu'à dimanche, se déroulera la Conférence de Munich sur la sécurité. L'édition 2025 avait été marquée par le discours du vice-président des États-Unis, J. D. Vance, contre les démocraties libérales européennes. Un coup de tonnerre diplomatique qui préfigurait la stratégie de sécurité américaine, publiée en décembre 2025. L'Europe y est qualifiée de continent en "déclin", marqué par un risque "d'effacement civilisationnel". Une rupture dans la relation transatlantique. Un an plus tard, cette nouvelle édition va donc être observée avec attention, d'autant plus qu'il y sera question des suites de la guerre en Ukraine et de la dégradation des relations transatlantiques.Dans l'avant-propos du rapport de la CMS 2026, le directeur de la conférence écrit que "rarement dans l'histoire récente, autant de questions fondamentales ont été inscrites simultanément à l'ordre du jour". Le document dépeint des bouleversements fondamentaux sur les plans politique, économique et sécuritaire, et dresse un diagnostic : "le monde est entré dans une phase de politique de démolition". Selon le rapport, les États-Unis, qui ont largement contribué à la mise en place de l'ordre international d'après-guerre, sont aujourd'hui considérés comme l'un des principaux moteurs de sa transformation. Plus de 80 ans après sa création, cet ordre est lui-même "en train d'être détruit".Des conclusions qui ont été réfutées par l'ambassadeur américain auprès de l'OTAN. C e dernier a réaffirmé que les États-Unis ne souhaitaient pas saper l'OTAN ni aucune autre alliance. Il a par ailleurs souligné que les alliés européens, en matière de sécurité, devaient augmenter leurs dépenses de défense et montrer qu'ils pouvaient "tenir" leurs promesses, y compris les nouveaux objectifs de dépenses de l'OTAN.Ces déclarations surviennent au moment où Washington a cédé les commandements de Naples et de Norfolk aux Européens. Des grandes manœuvres au sommet de l'Alliance annoncées à la veille de la réunion des ministres de la Défense de l'OTAN ce jeudi à Bruxelles. Au cœur des discussions : comment renforcer la sécurité en Europe. Une stratégie qui se concentre en ce moment sur le Groenland. L'alliance transatlantique vient de lancer sa mission d'« Arctic Sentry » (« Sentinelle arctique »), une activité de surveillance renforcée de la zone pour prendre en compte les inquiétudes formulées par le président américain face à la Chine et à la Russie, mais également pour répondre aux appétits américains sur l'île arctique. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a dit vouloir annexer le Groenland, provoquant l'une des crises les plus graves de l'histoire de l'Alliance atlantique. Le ministre danois des Affaires étrangères a déclaré samedi que la situation avec les États-Unis s'était améliorée au sujet du Groenland. Mais "la crise n'est pas terminée", a-t-il souligné, ajoutant qu'une solution n'avait pas encore été trouvée pour satisfaire toutes les parties. La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration Trump de prendre le contrôle de l'île, ont inauguré chacun, la semaine dernière, un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois. Nos journalistes se sont rendus sur place."Si quelqu'un pense ici que l'Europe peut se défendre sans les États-Unis, continuez de rêver", a lancé de son côté le secrétaire général de l'Otan et ex-premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte aux eurodéputés, lors d'une intervention lundi au Parlement à Bruxelles. "Nous avons besoin les uns des autres", a-t-il encore ajouté. Une sortie qui a fait réagir plusieurs dirigeants européens dont le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. "Non, cher Mark Rutte. Les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité", a écrit le ministre des Affaires étrangères français sur X. La France, pays européen le plus favorable à une "autonomie stratégique" en Europe, est engagée depuis lundi dans un exercice militaire de grande ampleur, le plus important depuis la Guerre froide : Orion 26. Pendant trois mois, plus de 12 000 militaires français, 25 navires, 140 avions et 1 200 drones vont être mobilisés dans cette simulation de conflit de haute intensité. À leurs côtés : des militaires de 24 autres pays, essentiellement européens, mais aussi américains, canadiens ou émiriens. Une démonstration de force qui vise à s'entrainer à conduire des opérations, tester des innovations, avec également un objectif de dissuasion. Parallèlement, face à une accélération de la menace, la France a décidé de mettre en place un service national d'une durée totale de 10 mois, rémunéré, ouvert aux jeunes de 18 à 25 ans, sur la base du volontariat. Les candidatures sont ouvertes depuis mi janvier et les candidats sont déjà nombreux : l'armée de l'air a 600 places à pourvoir pour cette année, et en une matinée, elle a reçu 800 candidatures.Les experts :- Général François Chauvancy, rédacteur en chef de la revue Défense de l'Union-IHEDN, l'Institut des hautes études de défense nationale, ancien officier ayant servi à l'OTAN- Pierre Haroche, maître de conférences en politique européenne et internationale — Université Catholique de Lille- Isabelle Lasserre, correspondante diplomatique — Le Figaro, spécialiste des questions de stratégie et de géopolitique- Alain Pirot, journaliste et réalisateur, spécialiste des questions de défense
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Popularité: 2/512 février 2026Durée: 62mnReplay France 5Emissions
Emission: C dans l'air
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